Regroupement thématique 1 : « L’avenir des ressources et la collectivité humaine »

Texte d’accompagnement : Les aventures du « Centaury »

Questions de base engageant les Droits Humains :

  • Quels Droits peuvent appuyer mon point de vue en faveur ou en défaveur d’une modification du monde  et de l’organisation sociale ?
  • Quelles modifications seraient ou ne seraient pas conformes aux Droits ?

Référence particulière : Convention des Droits de l’Enfant, Article 6 – « Le droit à la vie et au développement ». Cet article bénéficie d’une attention tout particulière dans la mesure où il apparaît comme un principe majeur de régulation de la problématique propre à ce regroupement thématique.

Question à approfondir : en quoi l’Article 6 contribue à régler le problème posé ?

(Infos sur www.droitsenfant.org)

Méthode :

  1. Procédure d’animation directement à partir de la situation problème :

Adaptée pour des enfants à partir de 10-11 ans, cette approche repose en premier lieu sur la présentation par l’enseignant-e de la problématique. Pour que la démarche prenne pleinement sens, il importe qu’elle s’inscrive dans une séquence SHS – MSN traitant d’une thématique concordante, au mieux dans l’étude d’une question socialement vive (FG).
L’animation repose sur un groupe classe tenant au minimum deux prises de position opposées. Le but est atteint lorsque les élèves, en comparant leurs arguments, parviennent à une position plus nuancée et plus complexe, qu’un simple « pour ou contre » décontextualisé.

  1. Procédure d’animation à partir de l’histoire introductive :

Adaptée pour des enfants de 9 à 12 ans, l’histoire permet de médiatiser la problématique pour en faciliter la compréhension par une forme narrative et pour permettre une identification aux personnages, facilitant ainsi une prise de parole plus libre.
L’animation, qui vise également le développement d’une pensée plus nuancée à partir de la mise en contraste des postures plus extrêmes, repose dans un premier temps sur un jeu de rôle où les élèves prennent le parti de l’un ou l’autre groupe de personnages. Dans un second temps, l’animation se portera sur une comparaison entre la fiction et des situations de vie identifiées comme ressemblantes. La démarche se termine par une comparaison entre les prises de positions fictives et les points de vue de situations réelles identifiées comme semblables.

  1. Procédure d’animation avec le jeu Politeias :

Conçue pour le troisième cycle PER, la démarche du jeu permet, en s’appuyant sur les règles (voir sous « Jeu Politeias »), de traiter de questions socialement vives, dans le cadre d’un exercice de démocratie réaliste en sa forme.

L’animation vise à développer les argumentations des différents partis, avant de procéder au vote. Il est recommandé de vérifier ponctuellement si les décisions votées sont ou ne sont pas conformes à l’application des Droits Humains, toujours en demandant aux élèves de justifier leur réponse.


T1. Préservation et protection de l'environnement : « Ai-je le droit de changer le monde ? »

Situation problème synthétique :

Les sociétés humaines, depuis la sédentarisation, modifient leur environnement pour satisfaire plus efficacement leurs besoins. Ces modifications portent sur la consommation des ressources naturelles et le rejet de déchets, ainsi que sur le développement des moyens de productions (agricoles et industriels), de l’habitat et des voies de communication. Ces transformations, au cours des âges, ont contribué à un accroissement de l’espérance de vie et du confort, mais apportent également leurs lots de problèmes en termes de pollution, d’épuisement des ressources et d’exploitation de l’homme par l’homme.  Aujourd’hui, l’impact des civilisations humaines sur l’environnement est tel que certains historiens et géographes considèrent que nous sommes entrés dans une nouvelle ère : « l’anthropocène » (anthropo : humain, cène : récent) qui débute avec l’apparition de l’industrialisation.

Histoire introductive :

Lorsque le vaisseau intersidéral « Centaury » atteignit enfin un monde habitable, les membres de l’équipage retrouvèrent l’espérance d’accomplir leur mission. Ils avaient erré 30 ans dans la galaxie, car le système d’orientation en hyperespace avait été détruit lors du décollage. Le Centaury, avec sa cargaison de 300'000 humains en sommeil cryogène, avait jusqu’alors tenté des centaines de fois, mais sans succès, de trouver un nouveau monde.
Le Centaury était le dernier vaisseau à avoir quitté la Terre, car elle était devenue inhabitable. En effet, toutes les ressources avaient été épuisées et la seule chance de survie de l’humanité était de trouver un nouveau monde.
En regardant la magnifique et gigantesque sphère bleutée qui occupait le centre du visionneur du poste de commande, le commandant de bord et ses officiers navigateurs s’enthousiasmaient en constatant que tous les indicateurs favorables à la vie étaient au vert. La planète était quasiment entièrement recouverte d’eau, elle grouillait de formes de vie, son atmosphère pure contenait les proportions idéales d’oxygène et d’azote et surtout il n’y avait pas la moindre particule nocive.
Mais rester perdus 30 ans dans l’espace, avait laissé largement le temps aux 20 (ou chiffre équivalent au nombre d’élèves) membres d’équipages de réfléchir sur le bienfondé de leur mission. Avaient-ils finalement le droit de réveiller les 300'000 ingénieurs de leur sommeil artificiel ? Pouvaient-ils prendre possession de ce nouveau monde et s’y installer pour développer une nouvelle civilisation ? N’allaient-ils pas, assurément, transformer cette merveilleuse planète au fur et mesure que la population prospérerait ? N’y avait-il pas le risque évident de reproduire tôt au tard les mêmes erreurs fatales que par le passé ?

Jeu Politeias :

  1. Un groupe de protection de l’environnement propose de limiter légalement la consommation en appliquant une règle de proportion qui redistribue à chaque citoyen des biens en fonction du nombre de ressources disponibles selon leur potentiel de recyclage et de renouvellement.
  2. Un référendum propose une libéralisation de l’accès aux ressources selon le principe de l’offre et de la demande. L’association le soutenant défend l’idée qu’un marché libre favorise automatiquement ceux qui sont les plus efficaces, autant pour la société humaine que pour l’environnement.
  3. Un parti politique propose de créer un organe de contrôle neutre pour gérer l’accès aux ressources afin de prévenir les éventuels déséquilibres, tout en laissant au marché de l’offre et de la demande suffisamment de liberté pour prospérer.

T2. Besoins : « Le droit à la satisfaction est-il souhaitable ? »

Situation problème synthétique :

Les êtres humains, comme tous les organismes vivants, ont des besoins vitaux à satisfaire pour survivre (respiration, nutrition, sommeil, santé…) Ils ont également des besoins plus spécifiques à leur espèce (sur le plan émotionnel : liens affectifs - sociaux, bien être, et sur la plan intellectuel : éducation, culture). Cependant, il existe une grande quantité de besoins qui sont ressentis par certains humains et pas par d’autres (richesse, loisir, réussite, projet). Or, tous ces êtres différents ont, en principe, les mêmes droits, notamment de satisfaire leurs besoins.
Cependant, les ressources pour satisfaire tous ces besoins sont limitées et de toute évidence il est impossible de combler tout le monde. En conséquence, il ne serait pas possible d’être pleinement satisfait, sauf peut-être pour les personnes qui ont très peu de besoin. Est-il donc finalement permis de satisfaire tous ses besoins personnels ? Pourquoi ? Ou sinon que faire ?

Histoire introductive :

Alors que les navigateurs et le commandant de bord débattaient sur les raisons de réveiller ou non les 300'000 ingénieurs, une subite défaillance du système cryogène venait de provoquer leur réveil automatique. Les ingénieurs, qui avaient dormi pendant les 30 ans d’errances du Centaury ne partageaient pas les doutes de l’équipe de navigation. Au contraire, ils se réjouissaient d’entreprendre leur installation sur cette nouvelle planète, si grande, si belle et si riche de ressources, pour mener une vie dans l’insouciance et l’abondance. Alors que les ingénieurs commençaient à activer les robots industriels et travaillaient aux plans de leur première grande ville, l’équipe des navigateurs a demandé l’interruption des préparatifs. Ils estiment en effet que même si la planète est très grande et que les ressources y sont abondantes, elles ne sont pas pour autant illimitées. Les navigateurs considèrent qu’un mode de vie plus simple serait meilleur, afin que les générations futures puissent également profiter de la planète. Les ingénieurs au contraire estiment qu’il n’y a pas de soucis à se faire, car leurs technologies de recyclage nouvelle génération permettent de beaucoup produire sans trop gaspiller et qu’il n’y a donc aucune raison de se priver. Les navigateurs maintiennent leur avis en insistant sur le fait que le maximum de confort technologique ne rend pas forcément plus heureux et qu’il y a des choses plus intéressantes à faire dans la vie.

Jeu Politeias :

  1. Une association de consommateurs propose que soit inscrite dans la loi : a) le droit inaliénable pour chacun de choisir sa manière d’être heureux et b) pour ceux qui le souhaitent de consommer ce que bon leur semble.
  2. Un groupe de promotion du vivre ensemble demande l’ouverture d’un débat en vue de réglementer les modes de vie de chacun pour que, selon eux, le bonheur des uns ne fasse pas le malheur des autres.
  3. Un site internet lance l’idée de choisir un mode de vie selon la majorité, puis de l’imposer à tous, pour qu’au moins le plus grand nombre soit satisfait.

T3. Production et consommation durables : « Pouvons-nous vouloir des choses différentes ? »

Situation problème synthétique :

Dans les sociétés industrialisées et en cours d’industrialisation sont apparus plusieurs modes de consommation. Parmi elles, de nombreuses personnes consomment des biens « durables ». Ces biens se caractérisent, par exemple au plan alimentaire, par des productions biologiques (sans produit chimique), au plan de l’habitat et des transports, par une faible consommation d’énergie et des matériaux ayant peu d’impact sur l’environnement. On compte de parmi ces consommateurs de produits « durables » des personnes qui considèrent que tout le monde devrait vivre comme eux. Pourtant, il existe de nombreuses personnes qui vivent différemment, en consommant notamment des biens qui ont un gros impact sur l’environnement, et qui souhaitent conserver voir développer ce mode de vie. Parmi ces super-consommateurs, plusieurs considèrent par contre, qu’il n’est en aucun cas obligatoire que tout le monde partage le même mode de vie.
Est-ce que ces personnes différentes peuvent néanmoins continuer à cohabiter ?

Histoire introductive :

Les 300'000 ingénieurs ne sont pas tous du même avis sur la question de l’exploitation des ressources de la grande planète bleue. Certains sont plutôt d’accord avec les idées des navigateurs. Ils sont favorables à une industrie modérée qui fournit les biens nécessaires à une vie saine, sans plus. Ils se sont regroupés en une association qui s’appelle le « groupe bleu ». D’autres ingénieurs par contre, restent fermement sur leur position, en réaction au groupe bleu, ils se sont organisés en une association qui s’appelle le « groupe rouge ». Afin de ne pas perdre de temps pour avancer leur projet, les rouges proposent aux bleus la solution suivante : « Nous, les rouges, nous voulons vivre notre vie super-technologique comme nous le voulons. Mais nous n’obligeons personne à faire comme nous ! Laissez-nous donc tranquilles ! Nous sommes libres de nos actions ! » Les bleus, cependant, estiment qu’il serait plus juste que tout le monde vive de la même manière, parce que les comportements des uns ont des conséquences sur la vie des autres.

Jeu Politeias :

  1. Protecteurs de l’environnement et associations libérales sont évidemment opposés sur le droit à la consommation. Les premiers estiment injustes que certains consomment à outrance pendant que d’autres font de gros efforts pour sauver la planète. Les seconds maintiennent simplement que la liberté de chacun est plus importante et qu’aucune autorité ne peut favoriser un mode de vie au détriment d’un autre.
  2. Lassés des disputes incessantes entre les milieux économiques et les associations écologiques, un groupe de parlementaires de divers partis, propose de donner à l’Etat davantage de pouvoir pour réguler l’exploitation des ressources et la production des biens de consommation.
  3. Une autre proposition parlementaire est formulée en vue de lever un impôt sur les bénéfices issus de l’exploitation de ressources dans le but de compenser les dommages à l’environnement.

T4. Énergies : « Une industrie plus lente pour un monde meilleur ? »

Situation problème synthétique :

L’extraction, la transformation et la commercialisation des ressources en vue de satisfaire les besoins de consommation absorbe une part considérable de l’énergie mondiale. Une des raisons principales est de répondre rapidement aux demandes des consommateurs, qui veulent avoir, si possible, un maximum de choix à leur disposition, de préférence en tout temps et en tout lieu. Si l’on peut envisager que certains besoins vitaux doivent être satisfaits sans délais, il est par contre possible d’admettre que pour tous les autres, il serait raisonnable d’attendre son tour. Peut-on imaginer un monde plus lent, moins gourmand en énergie ? Si oui, que peut-on proposer comme nouvelle activité à tous les ouvriers travaillant à la production de masse, pour continuer à gagner correctement leur vie?

Histoire introductive :

Pour essayer d’apaiser les divergences avec le groupe rouge, le groupe bleu fait à son tour une proposition « Nous sommes d’accord que vous développiez des supers technologies, mais pas n’importe comment. Vous ne pouvez en développer qu’une seule par année et à condition qu’elle ne gêne pas la production des besoins vitaux, tout en respectant la nature environnante. » Le groupe rouge rappelle alors au groupe bleu, qu’ils sont comme eux des ingénieurs et que leur but est donc l’innovation technologique pour une vie meilleure. Les rouges ne comprennent pas pourquoi les bleus insistent tellement, alors qu’ils ont une planète toute neuve à leur disposition.

Jeu Politeias :

  1. Une nouvelle loi propose que pour modérer la consommation sans exagération, les industries ne peuvent renouveler leur produit que tous les 5 ans. Durant cette période, elles sont obligées de maintenir la garantie et de réparer les objets défectueux.
  2. Les syndicats ouvriers s’opposent à cette nouvelle loi, qui provoquera inévitablement un chômage massif.
  3. Les milieux de la finance soutiennent les syndicats, car une baisse de la production et de la consommation amène également une baisse des investissements et donc des bénéfices à venir.

T5. Pollution : « La nature doit-elle rester immuable ? »

Situation problème synthétique :

L’industrialisation sauvage a provoqué, et peut encore aujourd’hui provoquer, de graves dommages environnementaux en termes de contamination des sols, des eaux et de l’air. Il est nécessaire de combattre ces pollutions pour des raisons sanitaires évidentes. Mais, il existe également des pollutions que l’on peut plutôt qualifier de « modifications ». Il s’agit activités humaines (notamment agricoles : défrichage, irrigation, engrais naturels ou pas, sélections des plantes et des animaux) qui « polluent » d’une certaine manière l’environnement, en permettant notamment le développement ou même l’implantation d’espèces végétales ou animales « étrangères » au milieu d’origine. Mais doit-on pour autant considérer que ces pollutions de modification doivent être combattues au même titre que les pollutions de contamination ?

Histoire introductive :

Une année s’est écoulée depuis l’installation du vaisseau « Centaury » sur la grande planète bleue. Les deux groupes d’ingénieurs, après de longues discussions, en sont restés au stade du compromis. Les bleus se sont installés au sud de la planète avec l’équipe des navigateurs et les rouges se sont installés au nord. Alors que les rouges développent de nouveaux modèles de robots encore plus efficaces, les bleus ont commencé la domestication d’espèces locales, notamment les chevraches qui produisent un lait délicieux (il a naturellement un petit goût de vanille). Mais en domestiquant les chevraches, les bleus ont dû les protéger des gnamgnams (de redoutable prédateurs à six pattes) qui se nourrissaient principalement de chevraches. Les gnamgnams étant privé de chevraches, ils se sont mis à attaquer les pantilophantes, (de paisibles herbivores) qui sont, de ce fait, en voie de disparition. Le groupe rouge signale au groupe bleu que ce n’est pas avec leurs robots qu’il y aurait eu ce genre de problème. En effet, les rouges ont fabriqué un robot producteur de lait (avec arômes à choix) qui en fabrique à partir de minéraux et de plantes de synthèse et qui ainsi perturbe beaucoup moins la biosphère.

Jeu Politeias :

  1. Une équipe de biologiste demande d’abroger les règlements de protection des espèces, car selon eux il s’agit d’une intervention artificielle qui va à l’encontre des principes fondamentaux de la sélection naturelle, selon laquelle seules les espèces les mieux adaptées aux modifications de l’environnement prospèrent.
  2. Plusieurs associations des amis des animaux veulent, au contraire, qu’une plus grande partie du budget de l’Etat soit alloué à la préservation de toutes les espèces actuelles et de leur habitat naturel.
  3. Une seconde équipe de biologistes propose de créer des espèces génétiquement modifiées, qui seraient conçues pour mieux résister au risque d’extinction.

T6. Biodiversité : « Quel monde souhaitons-nous ? »

Situation problème synthétique :

La conservation de la biodiversité est souvent posée comme allant de soi. Elle constitue effectivement la garantie d’une biosphère stable et sa richesse offre un grand potentiel, qui peut être bénéfique pour la société humaine. Mais la biodiversité actuelle est un état transitoire à l’échelle de l’évolution, qui n’est qu’une suite continuelle de changements. En outre, la biodiversité, c’est aussi une variété de bactéries, d’agents infectieux ou de virus, dont le développement pose de graves problèmes de santé publique. Faut-il donc vraiment tout conserver ? La disparition massive d’espèces constitue-t-elle un drame évolutif ou une étape finalement favorable de l’évolution (qui se caractérise plutôt par des avancées dites « cataclysmiques » que par la régularité) ?

Histoire introductive :

Alors que l’hiver arrive dans le nord, le groupe rouge est confronté à la menace des terribles phanivors, qui sont de minuscules insectes (presque invisibles) dont la piqûre transmet aux humains une très dangereuse maladie, parfois même mortelle. Les phanivors attaquent toujours en hiver, car c’est le moment de l’année où ils recherchent la chaleur d’autres êtres vivants. Leur milieu naturel, les étangs argentés,  sont en effet gelés deux mois par année. Malgré leur nanorobots anti-phanivors, les rouges ne parviennent pas à se débarrasser de ce terrible fléau. Ils décident donc de supprimer tous les phanivors en stérilisant chimiquement les étangs argentés. Apprenant la nouvelle, les bleus veulent interdire aux rouges une telle action. Ils soutiennent que, comme pour l’affaire de chevraches, l’extinction d’une espèce aura inévitablement des conséquences en chaîne que personne ne parviendra à maîtriser. Les bleus remarquent également que, si la maladie transmise par les phanivors est parfois mortelle, ce qui est finalement assez rare, ça ne justifie pas l’extinction de toute une espèce, qui de plus était là bien avant nous.

Jeu Politeias :

  1. Sachant que la malaria est l’une des causes majeures de mortalité dans le monde, une association de médecins, soutenue par l’industrie chimique, demande l’extermination des moustiques.
  2. Un groupe pharmaceutique lance le projet d’augmenter les investissements publics dans la recherche médicale pour éradiquer la malaria au meilleur coût.
  3. Une association écologique demande que les milieux humides (moustiques y compris) soient protégées à travers le monde, car ils constituent une source essentielle de biodiversité.

T7. Climat / Réchauffement du climat / Effet de serre : « Faut-il contrôler le climat ? »

Situation problème synthétique :

La concordance entre l’augmentation générale de la chaleur mondiale et le développement industriel permet légitimement d’affirmer que les activités humaines produisant des gaz à effet de serre ont une sérieuse responsabilité sur l’accroissement des températures. En toute logique, il semblerait qu’en prenant les mesures adéquates l’homme contemporain serait capable de provoquer directement une baisse des températures (ou du moins éviter qu’elles ne continuent de monter). Il est cependant également possible que des évènements non humains (cataclysmes diverses, notamment volcaniques) produisent également des modifications massives et brutales du climat (par exemple comme le mini âge glaciaire). Pourquoi donc faut-il s’acharner à éviter des variations climatiques (quelle que soit leur origine) qui existent depuis l’apparition du monde et continueront à exister probablement jusqu’à son terme ?

Histoire introductive :

Très embarrassés par la contestation du groupe bleu, les ingénieurs rouges proposent une autre solution, plus générale, pour régler le problème des phanivors et par la même occasion celui du climat de la grande planète bleue. En effet, à chaque changement de saisons la planète est traversée par de terrifiantes tornades (le vent peut souffler à près de 500 km/h) qui mettent en danger les installations autant de l’équipe bleue que de l’équipe rouge. Les rouges proposent donc de mettre en orbite 2'000 satellites générant un champ magnétique couvrant toute la planète pour ainsi réguler les températures en la protégeant des variations de l’activité solaire. Grâce à ce dispositif, il y aurait un climat plus ou moins tempéré toute l’année et il n’y aurait plus de tornades et les étangs argentés ne gèleraient plus. Les bleus sont cependant inquiets de la mise en place d’un système artificiel du climat, car à la longue, cela pourrait perturber les processus de développement des espèces animales et végétales habituées à des changements climatiques plus intenses.

Jeu Politeias :

  1. Une association d’entrepreneurs techno-écologistes propose une loi qui donne des facilités financières aux industries qui investissent dans des technologies permettant de s’adapter aux mieux aux variations climatiques.
  2. Une association rivale demande l’interdiction de telles propositions de loi, qu’elle juge « idéologiquement discriminatoire ».
  3. Plusieurs parlementaires estiment que ce n’est simplement pas à l’Etat d’intervenir en légiférant sur ce domaine.

T8. Croissance de la population : « Le paradoxe de la prospérité »

Situation problème synthétique :

Multipliée par 7 en 250 ans, l’accroissement de la population humaine constitue factuellement un facteur majeur de surexploitation des ressources de la planète. On constate également que plus un pays prospère au plan économique, moins on compte d’enfant par famille. On se retrouve donc avec le paradoxe selon lequel le développement économique à l’échelle planétaire épuise les ressources, tout en étant l’un des éléments qui a le plus de chance de réguler un facteur dominant d’épuisement des ressources : le nombre d’êtres humains.
Comment résoudre un tel problème ?

Histoire introductive :

Cinq années se sont maintenant écoulées depuis l’arrivée du Centaury sur la grande planète bleue. Les ingénieurs du groupe rouge développent leurs technologies dans le nord et les ingénieurs du groupe bleu, installés dans le sud, avec toujours l’équipe des navigateurs, cherchent davantage à vivre en harmonie avec leur environnement en utilisant juste ce qu’il faut de technologie. Si aucun des deux groupes n’arrivent à convaincre l’autre, il y a au moins un point sur lequel ils sont tous d’accord : celui de faire des enfants. (Les 300'000 ingénieurs se composent en effet de deux groupes d’hommes et de femmes en nombre égal). Les sentiments n’allant pas forcément dans le même sens que les idées, certains bleus ont épousé des rouges (et vice versa) ce qui rend la situation politique encore plus compliquée. Un nouveau groupe, les violets, s’est d’ailleurs constitué. Il n’est pas très homogène, mais plus modéré et cherche davantage le compromis. Néanmoins, le compromis n’est pas toujours facile à trouver. En effet, sur la question du nombre d’enfants, les bleus sont d’avis de ne pas en faire trop, pour ne pas recréer le problème de surpopulation qu’a connu la terre. Ils seraient même d’avis de limiter les naissances à deux enfants par couple. Les rouges, bien évidemment, sont en désaccord, estimant que faire des enfants est un droit fondamental et que chacun peut en faire combien il en veut. Les violets ne voient pas vraiment comment trouver un compromis et ne sont même pas d’accord entre eux, si un tel débat est acceptable ou si ce n’est pas déjà immoral d’en discuter.

Jeu Politeias :

  1. Une loi limitant le nombre d’enfants pour éviter l’épuisement des ressources est proposée, mais plusieurs représentants refusent d’en débattre, estimant qu’il s’agit d’un droit tellement fondamental qu’il n’est possible de le remettre en question.
  2. Dans le même ordre idée, une proposition est formulée pour dresser une liste des sujets dont il est interdit de débattre.
  3. Inversement, plusieurs associations de défense de la liberté d’expression assurent qu’une telle liste va à l’encontre des fondements de la démocratie.

T9. Développement humain : « Qui décide de mon bonheur ? »

Situation problème synthétique :

La liberté de pensée, qui constitue l’un des socles des civilisations démocratique, est fréquemment interpellée par quantité de discours publics décrétant comment il faut faire pour être heureux. On retrouve ces propos dans les mass médias, comme la publicité, mais aussi auprès de quantité de  groupes d’influences (par ex : commerciaux, écologistes, religieux) de toutes provenances. La diversité, voir la divergence, de ces discours montre factuellement qu’il n’existe pas vraiment d’entente sur ce qu’est le bonheur.  Dès lors, qui est capable de décider de l’orientation que devrait prendre l’humanité en générale ?

Histoire introductive :

Alors que les ingénieurs construisent au fil de l’exercice démocratique une nouvelle société, les navigateurs ne sont pas tous bien intégrés à ce nouveau monde. Le command Korky et ses sept fidèles  lieutenants s’ennuient terriblement sur cette nouvelle planète. Eux, qui durant trente ans ont affronté mille et un dangers, découvert quantité de mondes jusqu’alors mystérieux, trouvent bien insipide leur paisible vie sur la grande planète bleue. Ils souhaitent donc repartir à la découverte du cosmos et réclament le droit d’utiliser la partie centrale du Centaury (le cockpit avec huit cabines et bien sûr les moteurs hyper spatiaux). Pour une fois, les rouges, les bleus et les violets sont tous dans le même embarras. Déjà parce qu’ils n’ont pas très envie de voir partir le commandant Korky et ses sept fidèles lieutenants, qui sont des personnalités très populaires, mais aussi parce que les moteurs hyper spatiaux constituent une importante source d’énergie qui pourrait être utilisée pour le bien de tous. Le command Korky reconnaît que son projet est assez égoïste, mais que, en même temps, les ingénieurs sont tout à fait capables de développer d’autres ressources d’énergie et que lui et ses fidèles lieutenants ne sont vraiment pas heureux de rester bloqués sur cette nouvelle planète, où ils ne servent plus à grand-chose. De plus, ils voudraient bien profiter de leur vie avant de devenir trop vieux.

Jeu Politeias :

  1. Une loi propose de surtaxer les riches qui pratiqueraient des loisirs particulièrement nuisibles à l’environnement comme les bateaux à moteurs, les courses de voitures ou les voyages en jets privés.
  2. Plusieurs entreprises liées du tourisme critiquent l’idée en mettant en avant que les riches ont largement les moyens d’aller faire ailleurs ce qui serait interdit ici.
  3. Une fondation indépendante propose de promouvoir une charte éthique à l’intention des personnes dont le revenu dépasse un million de francs par année.

T10 Croissance économique / Alternatives économiques : « Pourquoi devenir riche ? »

Situation problème synthétique :

A la base de l’idée de croissance, il y a un principe selon lequel une société de travailleurs doit être en mesure d’acheter et de consommer ce qu’elle produit (Cercle vertueux du fordisme). La raison d’être de l’enrichissement personnel est donc de motiver les individus à accroître la circulation de l’argent du travailleur au consommateur, de manière à ce que tout le monde ait suffisamment de travail, puisqu’il y a toujours des biens à acheter et consommer.
Mais il est également possible d’envisager la société autrement, par exemple en définissant les besoins qui doivent être satisfaits matériellement, d’organiser le volume de travail nécessaire pour les produire et les redistribuer ; et de consacrer les reste du temps à des loisirs non matérialistes. Dans cette société, il n’y aurait pas d’argent et seul le travail nécessaire aux besoins essentiels est fourni.
Dans quelle société préfères-tu vivre ?

Histoire introductive :

Le groupe violet, qui se désespère de voir les bleus et les rouges en continuel désaccord, propose d’organiser une votation mondiale pour choisir une bonne fois pour toute dans quelle société il est préférable de vivre. Est-ce une société basée sur le développement technologique constant et le confort matériel ou une société centrée sur l’harmonie avec la nature et l’épanouissement spirituel. Mais cette fois, les bleus comme les rouges partagent la même préoccupation : est-ce qu’une telle votation est vraiment une bonne idée ? Est-ce qu’il est vraiment préférable de vivre dans une société où tous suivent le même idéal ? Ou alors est-ce que le désaccord continuel n’est pas aussi la meilleure solution pour éviter des erreurs gigantesques ? (Le fait qu’un idéal soit unique et unanime ne constitue en effet, en aucun cas, la garantie qu’il ne soit pas une monumentale erreur de jugement.)

Jeu Politeias :

  1. Un groupe idéologique appelé « humanité harmonieuse » propose l’abolition du système démocratique, qui selon eux, entretient les problèmes plutôt que de les résoudre, à force d’en discuter. Il propose à la place leur grand principe de vie selon lequel il ne faut rien posséder pour vivre en paix avec tout le monde et qu’aussi la société soit dirigée par des « protecteurs », qui sont des personnes reconnues par tous pour la simplicité de leur vie et leur détachement des choses matérielles.
  2. Presque tous les partis politiques sont pour une fois d’accord en vue faire interdire le groupe « humanité harmonieuse ».
  3. Plusieurs « people » ont signé une pétition en faveur du maintien « d’humanité harmonieuse » au nom de la liberté d’expression.

T11. Gestions des risques : « Est-ce que le risque zéro égale la vie à zéro ? »

Situation problème synthétique :

L’opinion publique occidentale contemporaine est dominée par des discours sur les dangers, sanitaires, climatiques, économiques et politiques. Pourtant, aujourd’hui, même à l’échelle du monde, le niveau de vie n’a jamais été aussi élevé depuis l’origine de l’humanité en terme d’espérance de vie, de réduction de la mortalité infantile, de santé en général, d’accès à la culture et aux moyens de communication et de développement de la démocratie. Est-ce que cela signifie que nous vivons trop dans le confort pour investir un projet de société autre que celui de vivre dans la peur de perdre nos acquis ? La préoccupation d’éliminer tout risque ne rend-elle pas finalement la vie impossible ?

Histoire introductive :

Alors que les discussions sur la société idéale vont bon train, un nouveau groupe d’ingénieurs (environ 5'000 personnes) s’est rallié au projet de départ du commandant Korky. Ces ingénieurs n’ont pas constitué de nouvelle association, certain sont d’anciens bleus, d’autres d’anciens rouges ou d’anciens violets, mais en fait, ça n’a pas d’importance. Eux aussi trouvent cette nouvelle société bien ennuyeuse. Ils considèrent que finalement, que l’on soit favorable aux supers technologies ou à l’harmonie écologique, c’est du pareil au même. Les uns comme les autres veulent une petite vie bien rangée, sans souci, sans danger, mais aussi sans rien de vraiment motivant. Il y a pourtant tellement plus intéressant à vivre : continuer le voyage, découvrir d’autres mondes, défier la peur de l’inconnu, se dépasser continuellement, se donner à fond autant pour soi que pour ses camarades de voyages. Voilà qui leur semble nettement plus enthousiasment que de fabriquer des robots ou d’arroser des plantes.
Ce nouveau groupe envisage de construire secrètement un nouveau Centaury avec les meilleures parties de l’ancien et de quitter la grande planète bleue, sans demander la permission aux autres.

Jeu Politeias :

  1. Une nouvelle loi propose que tout le monde soit tout le temps suivi par une mini caméra mobile de surveillance. Ses instigateurs garantissent que cela supprimerait les crimes et améliorerait ainsi la qualité de vie de tous. Ils soutiennent également que cela ne nuit en rien à la vie privée, car selon eux, qui ne fait rien de mal, n’a rien à cacher.
  2. Les associations de défense de la vie privée rétorquent que ce n’est pas parce qu’on rien à cacher qu’on doit forcément tout montrer. Elles craignent en plus que des informations trop précises sur la vie privée tombent en de mauvaises mains.
  3. Plusieurs sites sur la Toile tournent en dérision le débat, mettant en avant le fait qu’à peu près tout le monde raconte déjà toute sa vie sur les réseaux sociaux.