Regroupement thématique 2 : « Consommer de manière responsable »

Texte d’accompagnement : Les tribulations de Tim et Tina dans leur choix de vie

Questions de base engageant les Droits Humains :

  • Quels Droits sont à prendre prioritairement en compte lorsque je consomme  un bien ?
  • Quels Droits sont à prendre prioritairement en compte lorsque je produis un bien et/ou que je le transporte pour le vendre ?
  • Est-ce que ma manière de consommer actuellement est conforme aux Droits Humains ? Que faire si ce n’est pas le cas ?

(Infos sur www.droitsenfant.org)

Méthode :

  1. Procédure d’animation directement à partir de la situation problème :

Adaptée pour des enfants à partir de 10-11 ans, cette approche repose en premier lieu sur la présentation par l’enseignant-e de la problématique. Pour que la démarche prenne pleinement sens, il importe qu’elle s’inscrive dans une séquence SHS – MSN traitant d’une thématique concordante, au mieux dans l’étude d’une question socialement vive (FG).
L’animation repose sur un groupe classe tenant au minimum deux prises de position opposées. Le but est atteint lorsque les élèves, en comparant leurs arguments, parviennent à une position plus nuancée et plus complexe, qu’un simple « pour ou contre » décontextualisé.

  1. Procédure d’animation à partir de l’histoire introductive :

Adaptée pour des enfants de 8 à 12 ans, l’histoire permet de médiatiser la problématique pour en faciliter la compréhension par une forme narrative et pour permettre une identification aux deux personnages principaux.
L’animation, qui vise le développement d’une pensée plus nuancée par la mise en contraste de postures extrêmes, repose dans un premier temps sur un questionnement « que ferais-tu à la place de Tim ou Tina ? /que dirais-tu si tu étais Tim ou Tina ? Penses-tu comme Tim ou Tina ? » Dans un second temps, l’enfant est appelé à formuler sa position sur la question et à exposer les raisons qui l’amènent à la soutenir. Il est conseillé de garder une trace écrite individuelle, pour faire évaluer par les élèves ponctuellement, au travers d’un débat comparatif, en quoi les Droits Humains favorisent ou défavorisent les positions prises.

  1. Procédure d’animation avec le jeu Politeias :

Conçue pour le troisième cycle PER, la démarche du jeu permet, en s’appuyant sur les règles (voir sous « Jeu Politeias ») de traiter de questions socialement vives dans le cadre d’un exercice de démocratie réaliste en sa forme.
L’animation vise à développer les argumentations des différents partis, avant de procéder au vote. Il est recommandé de vérifier ponctuellement si les décisions votées sont ou ne sont pas conformes à l’application des Droits Humains en demandant aux élèves de justifier leur réponse. Si une charte EDD existe dans l’établissement, il est aussi conseillé de procéder à un exercice de comparaison.


T12. Égalité entre hommes et femmes : « Faut-il supprimer nos différences pour être égaux ? »

Situation problème synthétique :

Si les Droits Humains fondent l’égalité entre les hommes et les femmes, elle n’en est pas pour autant acquise sur le plan de la famille et dans le monde du travail. Pour expliquer cette difficile mise en œuvre, plusieurs voix s’élèvent contre l’industrie du jouet, de la mode, ou des médias (commerciaux ou de cultures, notamment la musique et le cinéma) les accusant de cultiver les stéréotypes. Mais peut-on être sûr que le dépassement de ces stéréotypes, qui sont également des éléments de nos identités sociales, constitue la garantie d’un accès à l’égalité véritable ? Au contraire, l’égalité de droit n’est-elle pas précisément conçue pour que chacun soit traité de la même manière, tout en pouvant précisément conserver ses différences même si elles sont stéréotypées ?

Histoire introductive :

Tim et Tina, sont frère et sœur. Ils s’entendent bien même s’ils ne sont pas d’accord sur tout. Ils aiment tous les deux le sport, mais Tim préfère le football et Tina le ski. Ils aiment tous les deux les frites, mais Tim les préfère avec du ketchup et Tina avec de la mayonnaise. Ils aiment aussi regarder un peu la télé, mais pas toujours les mêmes émissions. Sur internet, chacun à ses sites favoris et ils partagent le même ordinateur qu’ils ont reçu à Noël dernier.
Tim et Tina aiment également faire du skateboard. Ils sont allés au skate parc ce matin, s’entrainer à faire de nouvelles figures. Tina se débrouille mieux que son frère, ce qui le rend un peu jaloux, mais comme c’est sa sœur ainée, ça va… Alors que Tina montait sur la rampe et que tout le monde la regardait faire, Tim restait en bas à la regarder. Un groupe de trois filles, qui trainaient au parc, mais n’avaient même pas de planche, interpelle Tim : « Dis-donc », dit la première, « c’est ta sœur sur la rampe ?», « Oui » répondit Tim, tout fier, la seconde fille s’exclama « whoua, elle est trop forte », mais la troisième rétorqua « pff, mwouai, mais en même temps, c’est pas une vraie fille qui ferait ça !» Et alors que les trois s’en allaient, se donnant un air indifférent, Tim restait tout étonné « C’est quoi une vraie fille ? Ma sœur c’est une fille ? C’est quoi ce délire ? ». Quand Tina redescendit de la rampe, Tim lui raconta son étrange rencontre, mais Tina répondit juste, l’air embarrassée « Oui, je les connais, ne fais pas attention… »

Jeu Politeias :

  1. Pour garantir enfin une totale égalité entre homme et femme une proposition de loi veut imposer pour chaque métier le même nombre d’homme et de femme.
  2. Patronat et syndicat sont d’accord pour condamner cette loi jugée irréaliste en tout point.
  3. Une nouvelle association égalitariste demande que l’indication homme / femme soit simplement supprimée de tous les documents officiels, que les formules de politesse soient neutres et qu’il soit interdit aux entreprises et services publics de différencier d’une manière ou d’une autre leur personnel selon le genre, y compris en ce qui concerne l’armée et le congé maternité.

T13. Consommation / Éco-consommation : « La décroissance nous assure-t-elle un avenir meilleur ? »

Situation problème synthétique :

Moins consommer, notamment des produits ayant une forte empreinte écologique, (gaz à effet de serre, eau, terre cultivable, pollution), constitue une solution promue par certains en vue d’un avenir plus sain et plus juste. D’autres estiment que moins consommer et donc produire moins de biens de consommations, notamment tous ceux qui ne sont pas de première nécessité, contribue à détruire le système économique, puisque la plupart des entreprises et donc des travailleurs d’aujourd’hui, produisent des biens dont on pourrait fondamentalement se passer. De ce fait, l’absence massive de travail augmenterait proportionnellement la pauvreté. Existe-t-il pour autant une solution alternative ou sommes-nous condamnés à choisir entre une humanité pauvre et une nature prospère, ou un nature pauvre et une humanité prospère ?

Histoire introductive :

Aujourd’hui en classe, Tim a suivi sa première leçon sur le « développement durable ». La maîtresse leur a expliqué qu’il est très important de réfléchir sur sa consommation, parce que quand on achète quelque chose, ça pollue aussi. Tim a essayé de réfléchir comme la maîtresse a dit, mais bon en même temps, il ne voit pas comment il pourrait faire, « sans la télé, sans l’ordi, sans le smartphone, sans des chaussures quand même sympas, et sans le pull qui va trop bien avec. On va quand même pas non plus vivre tout nu sans rien » se dit-il. Le soir au souper, il en a parlé à table. Tina lui a tout de suite dit qu’il n’avait rien compris et qu’il était possible de « consommer moins, simplement en n’achetant pas toujours les dernières nouveautés et que ça allait tout aussi bien comme ça ». Mais alors que Tina finissait de parler, leur maman, qui travaille comme directrice de projet dans une grande entreprise, prit un ton inhabituellement solennel et déclara « vous savez, derrière chaque nouveauté que nous achetons, il y a des ingénieurs qui l’ont conçue, des ouvriers qui l’ont fabriquée, des transporteurs qui l’ont amenée au magasin, des vendeurs, des équipes de publicité et aussi… des directrices de projet… tous ces gens n’auraient plus assez de travail, si du jour au lendemain on arrêtaient d’acheter des nouveautés ». Il y eut un moment de silence à table et puis papa, après avoir fait un mouvement bizarre avec les sourcils en regardant maman, a juste dit « Est-ce que quelqu’un veut encore des frites ? »

Jeu Politeias :

  1. Une groupe favorable à la décroissance demande l’introduction d’une loi surtaxant tous les produits qui ne sont pas de première nécessité et de redistribuer l’argent ainsi gagné aux personnes les plus défavorisées dans le monde.
  2. Une association de consommateurs s’oppose à cette loi, car elle défavorise les personnes à revenu modeste dans notre société.
  3. Plusieurs grandes enseignes commerciales s’y opposent également, craignant une baisse des ventes et ainsi des conséquences dramatiques pour l’emploi.

T14. Mondialisation et altermondialisation : « Qu’est-ce qui est vraiment équitable ? »

Situation problème synthétique :

Aujourd’hui plusieurs produits de consommation se revendiquent comme plus équitables que les autres, car ils sont notamment directement achetés aux producteurs vivant dans des pays non occidentaux par un unique revendeur vivant dans un pays occidental. Ce système permet de mieux payer les producteurs, car il y a moins d’intermédiaires. Pourtant, il n’y a pas si longtemps, beaucoup de pays non occidentaux, qu’on appelait à l’époque « colonies » ont proclamé leur indépendance, car notamment, ils ne voulaient justement plus qu’un unique revendeur décide à leur place de la valeur de leur produit. Dès lors, qu’elle est la véritable différence entre colonialisme et commerce équitable ?

Histoire introductive :

Aujourd’hui, Tina à l’école, a étudié en histoire, le colonialisme. C’était il y a plusieurs décennies, quand les pays européens étaient propriétaires d’autres pays et que ces autres pays devaient travailler pour apporter aux pays européens les matières premières pour leur usines. La maîtresse avait pris l’exemple du chocolat. Le Congo, qui appartenait à l’époque à la Belgique, produisait le cacao, qui était ensuite transporté en Belgique. C’étaient les belges qui contrôlaient tout, de la récolte des fèves jusqu’à la vente de la plaque en magasin.
A la sortie de l’école, papa était là, aussi avec Tim, ils sont allés tous ensemble prendre les quatre heures dans un tea-room « équitable ». Sur la carte, c’était partout marqué que le café était « équitable », mais aussi les fruits pour les tartelettes et bien sûr le chocolat pour les pralinés. Au moment de commander, Tim demande à la serveuse «Pardon Madame, mais ça veut dire quoi ce mot équitable que vous marquez partout ? » Toute souriante, la serveuse expliqua que cela signifie que les produits ont directement été achetés aux producteurs, puis amenés chez nous pour être ensuite préparés par le confiseur. Tina dit alors « Ah oui, c’est comme avec les colonies ». La serveuse la regarda, sourit de nouveau, mais cette fois un peu crispée, et répondit juste : « Mais non, ici c’est équitable ».

Jeu Politeias :

  1. L’association faîtière des courtiers en matières premières, demande une sur-taxation pour pénaliser les industries qui se fournissent directement chez les producteurs et compromettent ainsi l’équilibre des marchés et la liberté de commerce.
  2. Plusieurs ONG protestent en soulignant que les courtages sont une source majeure d’injustice sociale.
  3. Une plate-forme internet propose de passer ses commandes de produits alimentaires directement auprès des producteurs et diffuse également une liste de compagnies de livraison à bas coûts. Elle réclame, par une pétition en ligne, la suppression de frais de douane.

T15. Réduction de la pauvreté : « Justice et décroissance sont-elles compatibles ? »

Situation problème synthétique :

Depuis plusieurs années, on entend que les pays riches devraient moins consommer et donc devenir moins riches, pour que les pays plus pauvres deviennent moins pauvres en consommant davantage. Il existerait donc une juste consommation qui serait un peu près la même pour tous. Mais qu’est-elle exactement ? De plus, est-ce forcément normal de devoir perdre certains de nos avantages pour que d’autres puissent en gagner ?

Histoire introductive :

Aujourd’hui Tim est allé voir son meilleur copain Paul-Edouard. Paul-Edouard est super-sympa, toujours de bonne humeur et il joue très bien au foot. Mais Paul-Edouard ne vit pas tout à fait comme Tim. Il a une religion qu’il est juste le seul dans la classe à avoir. A cause de ça, il ne peut pas jouer à des jeux vidéo de guerre ou même de voitures, il ne peut pas s’habiller comme les autres et il n’a pas de Smartphone. Il dit toujours que si tout le monde partageait avec tout le monde, ça irait beaucoup mieux partout. Tim est assez d’accord dès le moment qu’il peut quand même garder sa console de jeu et ses baskets préférées. Il en a parlé à Tina, qui l’a regardé avec des grands yeux et qui lui a juste dit « Et puis pourquoi ce serait si bien que ça, de tout partager ? Finalement, ce n’est pas forcément très juste… Tout le monde ne mérite pas toujours d’avoir la même chose. »

Jeu Politeias :

  1. Une proposition est lancée par les syndicats pour limiter les trop gros salaires, considérés comme injustes. Mais une association de jeunes cadres propose contre-projet qui rendrait obligatoire le salaire au mérite sans limite de montant.
  2. Les parlementaires sont très divisés sur le rôle de l’Etat en ce qui concerne la gestion des salaires du secteur privé, les uns voulant lutter contre les abus, les autres craignant une émigration des meilleurs collaborateurs.
  3. Un parti propose de plutôt d’augmenter la fiscalité proportionnellement au revenu en vue de davantage financer l’aide sociale.

T16. Dette : « Puis-je devenir autre chose qu’un travailleur ? »

Situation problème synthétique :

Chaque pays, au travers d’organisation internationale (FMI / BM) emprunte aux autres de l’argent pour financer son développement économique. Il faut que l’économie du pays soit prospère pour rembourser la dette et continuer à emprunter au besoin. Pour que l’économie du pays soit prospère, il importe que les citoyens travaillent efficacement. Mais qui a donc décidé que je dois passer ma vie à travailler pour faire fonctionner ce système économique ? Si par exemple, une grande majorité de mes concitoyens voulait vivre autrement en menant une vie plus simple, est-ce que les autres, qui veulent continuer à vivre dans la prospérité, pourraient l’accepter, sachant que l’économie de l’ensemble du pays fonctionnerait moins bien ?

Histoire introductive :

Ce dimanche, c’est la grande réunion de famille à la maison. Oncles, tantes, cousins, cousines, tous sont de la partie. Tim et Tina aiment moyennement les réunions de famille. D’un côté, voir les cousins-cousines c’est sympa, mais bon, il y aussi tous les adultes et leurs commentaires, genre : « comme tu as grandi », « ça va l’école ? », et surtout l’incontournable « que feras-tu quand tu seras grand ? » Tina, elle, a trouvé le truc, elle dit qu’elle veut devenir médecin et tout le monde trouve ça génial. Mais Tim, lui, n’a pas trop envie de faire semblant. Alors quand l’oncle Georges, lui a posé la question pour la cent millième fois, Tim a répondu très sérieusement qu’il voulait partir au Brésil jouer de la guitare sur la plage… Très mauvaise idée… L’oncle Georges s’est tout de suite indigné et a interpellé les parents, les grands-parents, les oncles, les tantes… bref en trente secondes, vingt adultes avaient les yeux fixés sur Tim et approuvaient l’oncle Georges qui disait avec des grands gestes « Que ce n’est pas possible et totalement irresponsable ». Et c’est là que Tim, très calme, avait répondu « Mais oui c’est possible, plein de gens le font et je ne vois pas en quoi c’est irresponsable, au contraire on met les gens de bonne humeur, on mène une vie simple et on ne pollue pas, c’est même super responsable. » L’oncle Georges, en entendant ça est devenu encore plus rouge et allait reprendre son discours. Mais heureusement, à ce moment maman est arrivée, et avec un grand sourire invita tout ce monde à passer à table. Papa s’est très vite mis à parler des futures études de médecine de Tina et tout le monde souriait de nouveau. 

Jeu Politeias :

  1. Afin de lutter contre la pauvreté, une loi est proposée de rendre le travail obligatoire. Les personnes sans emploi seraient ainsi obligées d’accepter toute proposition d’emploi, même si celle-ci ne correspond pas à leur qualification. Il serait en outre interdit de ne pas avoir une activité lucrative minimale.
  2. Les syndicats s’opposent à cette loi qui est selon eux, sous couvert d’égalité, un moyen d’exploiter encore plus les travailleurs les moins favorisés.
  3. Un parti propose d’accepter la loi mais en modifiant le dernier point, pour le remplacer par un seuil de salaire minimal, garanti par l’Etat.

T16. Cycle de vie d'un objet de consommation : « Un produit doit-il durer ? »

Situation problème synthétique :

On le remarque souvent : les produits de consommation, notamment électronique, ont une durée de vie très courte. Ils sont rapidement obsolètes, souvent fragiles et presque impossibles à réparer. Si on les compare aux produits d’antan, ils étaient beaucoup plus solides, faciles à réparer et duraient très longtemps. Il est donc légitime de se demander pourquoi les industries actuelles ne font pas d’effort pour produire des biens de consommation plus robustes. Mais d’un autre côté, si des produits à durée de vie longue réduisent la consommation, ils réduisent aussi le volume de travail, puisqu’il n’y a plus besoin de les remplacer souvent. Ainsi, beaucoup de travailleurs se retrouveraient désœuvrés et donc plus pauvres. En contrepartie, ayant moins besoin de consommer, le fait de gagner moins d’argent serait moins problématique. Est-il donc préférable de travailler beaucoup pour consommer beaucoup, ou de travailler moins pour consommer moins ?  Jusqu’à quel point l’une et l’autre option sont-elles viables ?

Histoire introductive :

C’est les grandes vacances ! Tim et Tina sont super contents, car comme chaque été ils vont aller vivre trois semaines dans la ferme des grands-parents, où ils pourront faires des cabanes, monter à cheval, se baigner au lac et faire des grillades au feu de bois. Les grands-parents de Tim et Tina sont très gentils, ils ont toujours vécu à la ferme, qui est d’ailleurs complètement perdue dans la campagne. Le seul souci est qu’ils n’ont pas la télé, ni Internet, il ne faut même pas leur en parler. Papy et Mamy préfèrent vivre proches de la nature. Ils ne se nourrissent que des produits de leur ferme ou presque. Tout est « biologique » chez eux. Ce qu’on mange bien sûr, mais aussi, les habits, les médicaments, la maison, le chauffage et même les toilettes qui n’ont pas d’eau mais de la sciure. Tim trouve ça très drôle. Tina un peu moins, surtout que la douche, chez Papy et mamy c’est trois minutes chrono, sinon c’est parti pour le grand sermon sur le gaspillage.
L’autre soir, il faisait très chaud et Tim et Tina ont pu rester dehors pour dormir à la belle étoile. Mais avant de s’endormir Tina demanda à Tim : «Tu crois que grand-père a vraiment raison quand il dit que tout le monde devrait vivre comme lui et Mamy, sinon le monde sera bientôt foutu ?

Jeu Politeias :

  1. Une loi propose de réduire proportionnellement les impôts à la réduction de la consommation d’eau et d’énergie par famille, afin d’encourager le développement durable.
  2. Une association de défense des consommateurs s’oppose à cette loi car elle favorise ceux. Déjà plus aisés, qui ont les moyens de s’offrir des technologies plus efficientes et défavorise les familles nombreuses.
  3. Un parti politique propose un calcul d’allègement fiscal en proportion de la taille de la famille et dégressivement par rapport au niveau du revenu. Le parti opposé s’indigne d’un impôt supplémentaire, qui ne fait que cacher le vrai problème.

T17. Empreinte écologique : « Est-ce que l’épuisement de la planète n’est qu’une question de temps?»

Situation problème synthétique :

Le mode de vie des sociétés industrielles, contribue largement à épuiser les ressources naturelles et à accroître la pollution de l’environnement. Cet impact peut aujourd’hui se calculer en terme « d’empreinte écologique » et la tendance actuelle est de la réduire le plus possible. Mais finalement qu’elle est la finalité de la réduction de l’empreinte écologique ? Est-ce de pouvoir consommer le plus longtemps possible les ressources en augmentant l’efficience des technologies et en optimisant le recyclage, soit faire plus avec moins ? Mais finalement, au bout du compte, n’est-ce pas reporter le même problème plus loin dans le temps ? Cela n’implique-t-il pas de laisser aux générations futures le soin de résoudre la situation dramatique dont nous sommes les auteurs ?

Histoire introductive :

C’est jour de marché et Tim et Tina vont accompagner grand-papa au marché du village voisin où ils vont l’aider à tenir son stand de produits « bios et locaux ». Papy est très fier de montrer à ses petits- enfants sa nouvelle camionnette qui fonctionne à l’électricité, qui vient des panneaux solaires, qu’il a fait installer sur le toit de la grange. Ensemble, ils ont préparé les cageots de légumes et de fromages, puis les ont installés à l’arrière de la camionnette « à énergie propre ». Arrivés au marché, tout c’est très bien vendu et ils s’en sont retournés tranquillement à la ferme. Papy, tout souriant, en a profité, pour reprendre son grand discours pour la nature et contre la société de consommation et une fois qu’il eut terminé, Tina lui dit avec gentillesse mais fermeté : « Dis-moi, Papy, sans cette foutue société de consommation, tu les aurais vendus à qui tes légumes et tes fromages ? » et Tim de rajouter « Et ta super camionnette qui pollue pas… tu te la serais payée avec quoi ? ».

Jeu Politeias :

  1. Un petit groupe d’industriels ultra-laïcs demande une loi constitutionnelle inaliénable qui déclare illégale les initiatives idéologiques ou religieuses qui mettent en danger les fonctionnements même de la société industrielle et ainsi la survie de l’ensemble des citoyens.
  2. Les représentants des organisations religieuses sont unanimes pour condamner cette dictature de l’économie sur la liberté de croyance.
  3. Dans la foulée, plusieurs autres associations de promotion de la laïcité demandent plutôt une séparation absolue entre les religions ou idéologies personnelles et le domaine publique.

T18. Architecture écologique : « Mais comment faire une maison vraiment écologique ? »

Situation problème synthétique :

Habiter dans une maison écologique, c’est principalement mettre en œuvre tout système utile à réduire la consommation d’eau et d’énergie, tout en intégrant au mieux l’édifice dans le paysage. Cependant, est-ce préférable d’utiliser des matériaux et moyens naturels (par exemple en recourant au bois pour construire et pour se chauffer) ou est-ce préférable d’utiliser au mieux la technologie (par exemple  utiliser des isolants synthétiques hautement performants, des panneaux solaires photovoltaïques, des filtres à eau potable par osmose inversée) ? Sachant que l’une ou l’autre solution auront de toute façon un impact sur l’environnement ? N’est-ce pas finalement reporter à une plus large échelle le fait que l’habitat sédentaire actuel nuit à la nature? Ne faudrait-il pas envisager des solutions de logement bien plus essentielles, telles que limiter le droit d’habitation à la proximité du lieu de travail pour réduire les transports, interdire les maisons individuelles (finalement trop gourmandes en ressources et énergie) ou encore définir strictement le volume habitable en proportion du nombre de résidents, pour éviter tout gaspillage?

Histoire introductive :

La remarque sur la camionnette n’avait pas trop plus à grand-père, qui pour toute réponse les avaient traité de « crapauds de gamins ». Tim et Tina l’avait laissé maugréer dans son coin et avaient été tout répéter à grand-mère qui avait beaucoup rit. Mamy était en effet beaucoup moins disposée à faire des grandes théories. Elle disait souvent qu’elle avait beaucoup de chance de vire avec Papy dans la nature. Mais elle disait aussi, avec toujours un peu de tristesse dans la voix, que probablement ils étaient la dernière génération à pouvoir le faire, qu’une grande ferme juste pour deux personnes était un luxe et qu’avec plus de sept milliards d’individus sur terre, c’était juste plus possible de continuer comme ça. Grand-père n’aimait pas trop ce discours et traitait Mamy de « pessimiste » et qu’il fallait « changer les mentalités ». Tim et Tina savaient qu’il ne fallait trop creuser le sujet, ce serait dommage de gâcher les vacances…

Jeu Politeias :

  1. Une proposition de loi vise l’interdiction des maisons individuelles, qui sont qualifiées « d’aberration écologique ».
  2. Une association de consommateurs dénonce cette proposition comme profondément inégalitaire entre anciens et futurs nouveaux propriétaires.
  3. Un groupe alternatif profite du débat pour proposer l’abolition de la propriété privée en général au profit de logements coopératifs.

T19. OGM : « Comment savoir à quel point les OGM sont dangereux pour la santé ? »

Situation problème synthétique :

Les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont largement décriés et sévèrement réglementés en Europe. Pourtant, ces mêmes OGM sont beaucoup plus présents dans les aliments en Amérique du Nord. Cela voudrait-il dire que ce qui est scientifiquement établit comme dangereux ou pas, ne l’est pas également que l’on vive d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique ?

Histoire introductive :

Après trois semaines passées à la ferme des grands-parents, Tim et Tina sont rentrés à la maison quelques jours, le temps de préparer leur premier voyage linguistique. Bien qu’ils soient encore jeunes, comme ils avaient bien travaillé à l’école, enfin assez bien, papa et maman leur avaient organisé un séjour de deux semaines au Texas pour apprendre un peu d’anglais. Tim et Tina étaient super-hyper-méga contents. Un grand voyage en avion, découvrir un nouveau pays et rencontrer en vrai Mary et Sam et leurs enfants Bob et Jeanny avec qui ils avaient déjà bien discuté par internet. Enfin, ils avaient surtout discuté avec Mary qui parle bien français. Avec les autres, c’était un peu plus difficile. Mary et Sam étaient de vieux amis de maman et eux aussi avaient une ferme. Tim et Tina avaient bien compris qu’elle était un peu plus grande que celle des grands-parents, mais quand après le plus long voyage en avion de leur vie, ils arrivèrent au « ranch », c’était pas du tout comme dans les film de cow-boys, mais alors vraiment pas du tout…
En fait la ferme, pardon le « ranch », de Mary et Sam n’est pas grand, non, il est gigantesque. Les étables ressemblent davantage à des usines et les silos à grains sont grands comme des immeubles. Mary et Sam sont en fait les plus importants producteurs de viande de bœuf de leur région et tout chez eux est très grand : leur maison, leur piscine, leurs voitures et même leur hélicoptère (C’est le seul moyen pour faire le tour du « ranch » rapidement.) Tim et Tina en pensant à Papy et Mamy et leur ferme écologique n’ont pas pu s’empêcher de rire. Mais le soir venu, au moment du souper, devant l’énorme steak, Tim et Tina avaient moins envie de rigoler. Les grands-parents leur avaient en effet bien expliqué que les américains « mettaient des OGM dans leurs vaches pour les rendre plus grosses et que c’était très dangereux pour la santé ». Tout timides, ils avaient demandé si c’était vrai cette histoire d’OGM. Sam avait éclaté de rire et en tapant chaleureusement sur l’épaule de Tim, avait juste dit « It’s good for you, young boy ! ». Mary dans son excellent français leur avaient expliqué qu’ici des OGM, il y en avait partout depuis longtemps, que tout le monde était en pleine forme et que toutes ces histoires, c’était juste de la propagande anti-américaine.

Jeu Politeias :

  1. Plusieurs industriels de l’agroalimentaire demandent qu’il ne soit plus possible d’interdire un produit si sa dangerosité n’est pas scientifiquement avérée. Ils estiment que les consommateurs sont libres et responsables de leur choix dès le moment où ils sont correctement informés.
  2. Le porte-parole du ministère de la santé publique, soutenu par de nombreux médecins, met en avant la primauté du principe de précaution.
  3. Une commission d’éthique scientifique met en évidence le fait qu’il est parfois difficile d’évaluer la dangerosité de certains produits, car il est immoral de les tester complètement sur des humains.

T20. Mobilité : « Le paradoxe des véhicules hybrides »

Situation problème synthétique :

Aujourd’hui l’industrie automobile a considérablement réduit la consommation moyenne des véhicules. Qu’il s’agisse de motorisation hybride, voire tout électrique (plus de 80% de l’électricité provient néanmoins de l’énergie fossile), ce genre de véhicule a paradoxalement permis un accroissement de l’exploitation des ressources pétrolifères.
En effet, si l’extraction « classique » du pétrole devient de plus en plus limitée, l’extraction par « fracturation hydraulique » est en plein développement. Cette nouvelle technique très polluante (contamination chimique des eaux, sols et air) permet d’accéder à des ressources pétrolifères considérables, jusqu’alors non exploitées car le coût était trop élevé. (L’extraction par fracturation hydraulique coûte plus cher que la méthode classique, mais avec un prix du baril de brut à 60$ minimum, le système devient rentable. De plus les pays producteurs non seulement économisent des coûts d’importation, mais en plus gagne en autonomie énergétique, ce qui constitue un avantage géopolitique). Or, si un coût de production plus élevé implique de l’essence plus chère (de surcroît pour les pays qui doivent en importer, car ils ne peuvent compenser par la réduction des frais de transport), mais que, grâce aux voitures à faible consommation, le consommateur en utilise moins, cela implique grosso modo, qu’il revient au même prix de consommer beaucoup d’essence issue de l’extraction classique que de consommer peu d’essence issue de l’extraction par fracturation hydraulique (surtout pour les pays qui ne disposent de ressources pétrolifères ni classiques ni par fracturation hydraulique). Ainsi les voitures hybrides provoquent davantage de pollution (plus de voitures roulant avec du pétrole encore plus polluant).
Dès lors qu’elle est la solution pour une mobilité vraiment moins polluante ? 

Histoire introductive :

Aujourd’hui, Mary, Sam, leurs deux enfants, Tim et Tina ont tous pris l’hélicoptère pour visiter le nouvel investissement de Mary et Sam : un champ de pétrole. Tina est très surprise d’apprendre qu’il y encore du pétrole au Texas, elle pensait que c’était fini depuis des années. Mary lui explique alors que grâce à de nouvelles techniques de forage, on peut accéder à d’énormes réserves et qu’ainsi il y aura encore du pétrole pour très longtemps. Tim et Tina ont alors parlé un peu des économies d’énergie, des voitures hybrides et de ce genre de chose. Sam a de nouveau beaucoup rit et a juste dit « It’s very good, very very good » Tim et Tina n’ont pas bien compris l’affaire et ont décidé le soir d’aller enquêter sur internet.

Jeu Politeias :

  1. Une loi propose d’interdire les véhicules privés consommant plus de 3 litres d’essence par 100 kilomètres, afin de limiter la pollution.
  2. Un contre-projet demande que cette loi soit échelonnée sur au moins 15 ans, afin d’éviter un affaiblissement du secteur automobile et une limitation de l’accès à la mobilité pour les personnes ne pouvant pas changer rapidement de voiture.
  3. Une association écologique propose plus simplement de n’autoriser que les voitures privées électriques et que l’Etat encourage leur acquisition par des subsides.

T21. Tourisme : « Tourisme traditionnel ou éco-tourisme ? »

Situation problème synthétique :

Plus on voyage loin, plus on augmente son empreinte écologique. Mais le tourisme est également une source de revenu appréciable pour de nombreux pays. Pour apaiser ce problème, il est possible de pratiquer de « l’éco-tourisme », soit passivement en allant moins loin avec des moyens moins polluants, soit activement en transformant ses vacances en activités favorables à la préservation de l’environnement. Cependant, bien des bénéficiaires du tourisme traditionnel rétorquent qu’ils ne partagent pas au même titre ces préoccupations très présentes dans les sociétés occidentales.
En ce sens, est-ce que les valeurs écologiques ne sont pas le privilège de citoyens très favorisés, qui de surcroît imposent leur système moral à d’autres personnes, dont la situation défavorisée a été largement causée (par exemple : surexploitation des ressources) par le développement de l’Occident  ou (à un niveau plus régional) par l’hyperurbanisation?

Histoire introductive :

Après avoir passé deux semaines dans l’incroyable « ranch » de Mary et Sam, Tim et Tina n’ont pas forcément appris beaucoup de mots d’anglais, mais se sont posé par contre beaucoup de questions. Là-bas, tout est tellement différent, ce qui est vrai chez nous, ne l’est pas forcément chez eux, pourtant on vit bien sur la même planète, comment donc savoir finalement à qui ou à quoi on peut se fier ? En quoi notre façon de voir les choses est forcément juste ? Comment sait-on que ce qu’on pense vaut mieux que ce que pensent les autres ? Et si c’était nous qui nous trompions sur toute la ligne ?

Jeu Politeias :

Une question est posée à l’assemblée par un groupe d’éthiciens : « Doit-on respecter la liberté des citoyens si leur volonté s’oppose à un fait scientifiquement établi ? »